mardi 17 avril 2012

ESSAI POUR UNE COMPRÉHENSION DE L'INCESTUAT

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Cet essai m'a coûté force souffrances.

Je n'ai trouvé dans la littérature aucun texte qui traite de la nature des pulsions de l'incestueur-incestueuse. (Relisez, je vous prie! ) Cela n'existe pas, ni en psychologie, ni en psychiatrie, ni en anthropologie, ni...Et c'est ainsi depuis que, au début de l'humanité, des tribus primitives ont inventé le tabou sur le sujet. Tabou veut dire qu'on ne doit pas parler de la « chose » – et l'ensemble des sciences humaines actuelles obéit toujours à l'interdit -, comme toutes les sociétés et depuis si longtemps.

Toutefois, vous aurez compris que le viol d'enfant se commet à qui mieux mieux par des adultes, au sein des familles. Mais on n'en parle pas et, en conséquence, la grande majorité des incestueurs et des incestueuses ne sont pas importunés. Ils-elles vivent dans l'impunité du tabou, c'est-à-dire sous le couvert du déni de toute la société.
Le terme inceste signifie l'union illicite ou illégale entre deux adultes consanguins ou apparentés. Sans grande surprise pour moi, le terme cache le crime de viol d'enfants au sein des familles. J'en ai eu marre de cette cachette et de cette confusion et j'ai choisi d'utiliser le terme « INCESTUAT » pour le désigner clairement. La désinence at est propre au génie de notre langue, comme dans résultat ou assassinat et bien d'autres. Découle en conséquence, les termes incestueur-incestueuse pour désigner les adeptes du crime et incestué-incestuée l'enfant ou l'enfante asservi-e. Vous verrez, c'est plus clair comme ça!
Mon texte est donc une première – et c'est pour cela que je l'ai titré ESSAI. Vous pourrez être parmi les premiers lecteurs ou lectrices si vous le désirez.

Pour arriver à l'écrire, j'ai du considérer mes pulsions à commettre ce crime. Cela est particulièrement difficile pour quelqu'un qui comme moi en a été victime, alors que je commençais à peine à être un enfant. ( Après, je n'ai plus été enfant et j'ai eu peine - longtemps, longtemps, (près de soixante ans ) - , à survivre comme adulte. Maintenant, j'ai soixante et dix ans et suis heureux de ma vie! Une route longue dont je ne peux et ne voudrais pas changer. La mienne!)

À votre tour, lire cet essai vous mettra à risque soit de vous défaire de vos idées préconçues et fausses ou d'enterrer plus profondément en vous la question posée. Vous pourrez choisir en connaissance de cause.

Alors, en toute compassion, je vous souhaite une bonne mise à jour.
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Essai pour une compréhension
de l'«incestuat»
et
Engagement
à faire cesser l'«incestuat»




LES TERMES UTILISÉS :
des néologismes nécessaires



La commission habituellement par un adulte d'un acte sexuel sur la personne d'un enfant est un fait de longue tradition, mais il est tout récent qu'il soit désigné et considéré comme un crime. L'enfant – infans en latin, qui signifie 'celui qui ne parle pas ' — a dû devenir une personne avant qu'on reconnaisse le crime en question. La Convention internationale des droits de l'enfant voit le jour le 20 novembre 1989.
Le terme inceste a depuis longtemps désigné l'union illicite et souvent illégale entre membres adultes d'une même famille. Le terme ne fait donc pas état du crime contre l'enfant et on l'utilise par emprunt, par extension et souvent en semant ou en entretenant de la confusion.
Pour notre part, nous aimerions voir adopter le terme «incestuat» pour désigner cette action criminelle. Le suffixe ''at '' est usuel en français pour signifier nommément une action ou un résultat. Il accompagnerait le verbe « incestuer » dont le sujet pourrait être l' « incestueur » ou l' « incestueuse», et l' “incestuée» ou l' « incestué» en serait la victime. On aurait ainsi une bonne cohérence des termes en respect du génie de notre langue.



En conséquence, les termes suivants seront utilisés et le seront dans le sens décrit :



«incestuat» : un acte à contenu sexuel, quelque en soit la nature, commis habituellement par un adulte sur un enfant et donc, implicitement et nécessairement considéré comme un viol. Le terme inceste sera réservé pour désigner l'union illicite et souvent illégale de deux adultes d'une même famille. Dans le cas d'inceste, le viol n'existe pas implicitement comme dans l'«incestuat».



« incestuée » - « incestué» : l'enfante ou l'enfant victime qui subit l'«incestuat». Elle ou il ne peut jamais être tenu responsable ou co-responsable du crime. Jamais.



«incestueur»- «incestueuse» : habituellement l'adulte offenseur qui commet l'«incestuat» ou l'adjectif qui qualifie le résultat de l'action d' «incestuat».



«incestuer» : commettre l'«incestuat».



Postulat



L'«incestuat» est un crime social contre la personne d'un enfant. nous conçevons l'«incestuat» comme un crime produit conjointement par une «incestueuse» ou un «incestueur» avec le concours de toute une société et d'une famille dont elle fait partie. Et la prévalence du crime de l'«incestuat» ne peut décroître que par le concours de tout un chacun, chacune.

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CONTEXTE ACTUEL


L'incestuée ou l'incestué est la victime d'un crime dégueulasse, comme elle le dit elle-même, et le public, sans trop y penser, accepte l'affirmation. M'est avis que le public soutient la proposition à distance. En effet, si le témoignage d'incestuat se rapproche davantage d'un membre de ce public, ce dernier réagira bien différemment. Les victimes peuvent le corroborer, elles qui tentent, un jour ou l'autre, d'en parler à leur entourage. Les réponses qu'elles reçoivent sont régulièrement celles du déni, s'accompagne bien souvent d'une demande de tourner la page, de se taire et d'oublier le passé ou de se faire soigner. Ce n'est pas tellement le geste sexuel d'incestuat qui est tabou, mais davantage le fait d'en parler. Sans doute, à notre époque, a-t-on gagné d'en parler assez librement dans la presse où il est considéré comme un crime, mais dans la vie sociale habituelle, la parole n'est pas encore reconnue aux victimes. L'incestuat réel, celui 'près de chez vous', est tabou comme dans 'toi, tais-toi'!


Le propos de ce texte est d'essayer de préciser les motifs sous-jacents aux réactions de déstabilisation que nous pouvons éprouver lorsque l'incestuat ou l'incestué réel s'approche de nous. Pourquoi donc tant de malaises?

Ajoutons encore à l'étrangeté des faits qui entourent ce crime.
Le plus souvent sur la place publique, on dira de l'incestueur ou de l'incestueuse que c'est une personne malade, un être anormal, un pervers! Les victimes contribuent d'ailleurs à un tel discours et n'utilisent pas d'autres termes que ceux-là pour parler de l'agresseur.
Les spécialistes, anthropologues et thérapeutes, contribuent également au même discours d'évitement. Les anthropologues n'évoquent l'inceste que pour le relier à la pratique adulte des rois ou aux totems des tribus primitives, ou encore pour faire état de l'interdit constant du mariage entre membres adultes d'une même famille et, font abstraction, complètement, de la pratique universelle et de longues traditions de l'incestuat; les autres, psychologues et thérapeutes, après avoir suivi longuement leur ancêtre Freud qui, sans précaution et en accord avec la morale de son époque, attribua à tout enfant le désir d'incestuer ses parents, sont, aujourd'hui, de plus en plus centrés sur leur travail de réparation des victimes et les traitent en « survivants post-traumatiques». L'avancée de traitement est importante puisqu'auparavant on soupçonnait les victimes et les traitait pour leurs fantasmes oedipiens non résolus. Mais qu'en est-il de la compréhension du phénomène humain du désir d'incestuer? Que peu!
À ce jeu, manifestement, aucun acteur de la scène sociale et professionnelle ou presque, ne semble concerné ni par la nature de l'incestuat, ni par les motifs de l'incestueur autrement que pour l'enfermer dans les qualificatifs d'anormal ou de monstre, au mieux pour le soigner en le faisant avouer son crime affreux. À terme, on n'a aucune compréhension intime de cet incestuat qui habite l'incestueur et l'incestueuse. Une sorte de discours politiquement correct semble ici prévaloir en toutes parts : victimes, public et spécialistes exécutent la même danse autour d'un non-dit sur ce qu'est cette 'chose-là'.
On est ainsi passé d'un silence complet durant des siècles et des siècles, à l'étape du XXe siècle, où Freud met en cause explicitement le désir libidineux de tout enfant, et maintenant, à un vide complet d'explications. On n'a, actuellement, aucune proposition pour expliquer les motifs qu'un adulte peut avoir de commettre l'incestuat. Ce désert de connaissances et de reconnaissance de l'incestuat est un fait de culture bien enraciné. Ainsi, quoique vous en pensiez, vous ne pourrez trouver dans la bible une seule interdiction faite à l'adulte de commettre l'incestuat sur un enfant. Vous ne trouverez - quel bel euphémisme -que l'interdit de copuler avec un parent. La porte est grande ouverte, n'est-ce pas, au délit sur l'enfant? Ajoutons que l'Oedipe, choisi par Freud pour présenter sa théorie accusatrice, relève de la même tradition, grecque ancienne cette fois, qui n'ose jamais mettre en cause le parent et accuse spontanément l'enfant de désirs pervers.

Et tout le monde balance et tout le monde danse, la morale des biens-pensants est sauve et le quatrième commandement – 'Honore ton père et ta mère' - survit pour tous ceux obligés ou pas de les honorer. La stabilité sociale l'exige, pourrait-on dire.
Avec ces considérations, s'éclaire notre postulat. Nous affirmons que l'incestuat est un 'crime social '. Il se commet et se perpétue par et dans le silence garanti de toute une société, y compris au sein de ces familles où l'exécution de l'acte a lieu. 'Honore ton père et ta mère'
constitue un impératif absolu pour celles et ceux qui veulent devenir parent ou adultes sensément « normaux ».
La façon actuelle de penser et d'agir à l'égard de ce crime, doit changer. À titre de piste de réflexion, prenons la guerre en exemple. Nous savons plus clairement maintenant que la guerre resurgit dans l'humanité avec constance parce que jamais le désir de domination n'est suffisamment dévoilé, reconnu, éduqué, orienté et pris en charge. En termes simples, on peut dire que la guerre se construit sur le désir d'exercer du pouvoir sur autrui. Ce n'est pas un élan propre aux dictateurs, c'est une pulsion quotidienne et commune à tous les humains de ma race. Vous et moi, inclus. On peut reconnaître ce fait assez facilement. Et c'est de ce nœud que, une fois résolu, naîtra l'abandon de la guerre.
Et pourquoi donc, je vous le demande, l'incestuat serait-il d'une construction différente? Pourquoi la pulsion qui l'anime serait-elle réservée aux « anormaux» incestueurs et incestueuses. Pourquoi n'habiterait-elle pas dans chacune et chacun d'entre nous?
Convenons qu'il faut aller plus loin et plus profondément dans la compréhension de l'incestuat et de l'incestueur-incestueuse, car la prévalence de ce crime ne saurait diminuer sans cette compréhension réelle du phénomène.


PROPOSITION GÉNÉRALE 


Le désir d'être l'égal des dieux se trouve
dans notre toute-puissance infantile commune



L'homme veut être l'égal des dieux. C'est le sommet du désir, de tous les désirs. Le 'top', c'est être dieu. Cela semble inscrit au profond de l'homme, de la femme aussi. De multiples façons.
Le livre de la Genèse en fait état, affirmant que Dieu créa l'Homme à son image et à sa ressemblance. (Nous serions ainsi que nous sommes par la faute ou la grâce de Dieu, voyez-vous! De toute façon, on peut tout lui attribuer de nous-mêmes. Il ne rouspète jamais.) Et la tradition chrétienne rapporte dans les évangiles que Jésus énonça l'injonction au statut divin de la façon suivante : « soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.»
La psychologie présente une forme de ce désir d'être dieu qu'elle désigne sous les termes de la toute-puissance infantile. C'est la toute-puissance essentielle au développement du bébé et de l'enfant qui leur permet de faire tourner le monde autour d'eux et particulièrement leur mère nourricière de tout, non pas la mère parfaite, mais, la mère suffisamment bonne. Et cette toute-puissance ne disparaît pas automatiquement après l'enfance; loin de là ! Encore faut-il que nous en fassions le deuil pas à pas, étape par étape, pelure par pelure. Et alors, nous pouvons ou pourrons reconnaître notre véritable statut divin! Bien différent de l'infantile! Mais c'est là une autre histoire dont le présent texte n'est pas le propos.
Or, vous le savez, les dieux tout-puissants des humains (toujours infantiles, ceux-là), aiment à se gaver de leurs propres créatures. C'est bien connu. Les religions, primitives ou non, ont promu cette réalité que les dieux aiment la chair fraîche et ne se lèchent les babines d'apaisement qu'après une consommation de celles de leurs plus belles créatures. La religion chrétienne n'y a pas échappé, elle qui attribue de la colère à son dieu suite au péché originel d'Ève et d'Adam, colère que seul son propre fils immolé peut apaiser. « Minuit Chrétiens c'est l'heure solennelle/Où l'homme Dieu descendit jusqu'à nous./Pour effacer la tache originelle/Et de son père arrêter le courroux. » Voilà ce que beaucoup ont chanté à pleins poumons, et j'en étais. Et, une fois sacrifié le nouveau-né, la colère divine s'apaise. Ouf!


Ces dieux qui mangent sans retenue et préfèrent leur propre enfant ou les plus jolies jeunes filles ou les plus beaux éphèbes de la communauté ne doivent-ils pas être considérés comme de Suprêmes Incestueurs ? Constatons qu'ils ne s'apaisent que par copulation avec leur création ou sacrifice de la créature ou manducation de celle-ci. Et ce sont là des opérations mutuellement interchangeables.
Et, au cœur de notre toute-puissance infantile, nous voulons tous être des dieux! N'est-ce pas?
Poursuivons notre examen, si vous le voulez bien.



L'incestuat comme une expérience divine
prohibée pour le grand nombre
mais...
Autrefois et dans la plupart des cultures, nous disent les anthropologues, les humains ont prohibé l'inceste. En même temps, il est fréquent de trouver des cultures - égyptienne, grecque ancienne, inca, aztèque, etc.- où les dieux ont ce désir de copuler et de manger leur propre création, leur propre chair.


L'inceste semble avoir été une expérience si désirable chez les humains des premiers âges qu'il fut souvent réservé aux pharaons, empereurs, rois et autres de même catégorie, ceux qui, proches des dieux, descendants directs des dieux, peuvent avoir le même suprême comportement. Pour le commun, l'interdit d'inceste prévaut, mais c'est plutôt un tabou à larges mailles où les incestueurs d'enfants sont protégés par un silence garanti, pendant que les dieux et les rois, eux, s'en donnent à cœur joie entre eux. Le tabou, voyons-nous est un tissu apparemment serré, serré dont l'examen montre de larges mailles ouvertes à tout venant quand il s'agit de consommer enfantes et enfants.


Manger du bébé est encore très présent dans notre culture. Surpris? Voyez et lisez la suite.
En regardant la télé, un de ces hiers, nous tombons sur ce cuisinier américain d'origine italienne, Carlos le Cake Boss, qui commet des gâteaux et des plats excessifs. Il est en train de cuisiner des escalopes de veau au prosciutto et il les a embrochées, dessus/dessous, avec son... avec une tige en bambou avant de les faire cuire dans sa sauce épaisse... qu'il s'est fabriquée. Lorsque, en final, il les reprend pour les déguster, il proclame sur un ton de suprême désir : « come here,  baby! » Et pourtant, ni sa femme, ni son petit dernier ne sont présents sur le plateau de service et de tournage. Oh! que cela semble délicieux à l'ogre et à son dieu! Nous en salivions de plaisir avec lui.


Allons, ne regardons plus Abraham comme un monstre qu'il n'est pas, mais plutôt comme un père habité de toute-puissance et incestueux d'intentions qui projette sur son dieu Yahvé un désir de manger de la chair fraîche. Les chrétiens participent du même fantasme en faisant du Père, l'ogre mangeur et sacrificateur de son fils Jésus et, de tous les fidèles, des mangeurs eucharistiques de ce même enfant. Wow, baby!


Oui, je demande l'aide de la psychanalyse pour examiner ma proposition : le désir d'incestuat est un désir naturel et commun de devenir dieu; et la force de ce désir est tellement grande qu'elle est enfouie dans de profondes cachettes de l'inconscient.


Parmi les expressions de cette toute-puissance, l'orgasme peut-être perçu comme le sommet puisque le chemin qui y mène augmente le sentiment d'existence de l'excité, même si, à terme, c'est la dissolution du moi qui en résulte. Ajoutons sur cette trame sexuelle, qu'il y a probablement au cœur de l'humain accroché à sa toute-puissance infantile, un projet, le plus fabuleux peut-être parmi les fabuleux, d'être créateur et maître d'univers en jouissant sexuellement, en créant un 'big bang ' orgasmique, en copulation avec sa propre création : son enfant! Un projet inscrit au profond de la toute-puissance primitive de l'homme et de la femme, chacune et chacun de sa façon particulière!


J'entends des wow ! Mais faites-moi grâce un moment et poursuivons.


Pour le mâle : l'incestuat comme atténuant
la crainte de castration
Bien sûr, pour le mâle tout-puissant, cet enfant, garçon ou fille, a été créé dans une situation risquée où l'on a du introduire son sexe dans une femelle qui pouvait être prédatrice comme soi-même et, conséquemment, castratrice. Elle aurait pu nous le couper! Le mâle-dieu a pris des risques et a survécu. Ouf!
Mais l'homme-dieu n'aime pas être enclos dans cette expérience risquée de son désir conjugué au féminin. Avec son propre enfant, sa propre enfante, la chair de sa chair, il n'y a pas de risque. Pas de castration possible, car on est totalement maître par force supérieure, on peut dire suprême ici, malgré la perte de contrôle momentanée qu'occasionne l'orgasme; pas de dénonciation possible, car on maîtrise l'espace social réservé aux vraies personnes, les adultes; pas de suite, car il n'y a pas de bébé qui émerge de cette copulation cachée; pas de résistance non plus, car on peut induire chez l'enfant, garçon ou fille, une redemande ou son apparence. Matière sexuelle de première classe, toute catégorie confondue, tel est peut-être aussi l'enfant dans le fantasme du mâle-dieu.
On peut imaginer que l'incestuat permet cette maîtrise absolue et le rend incomparable aux yeux du prédateur. Quoique...la documentation montre que le mieux de l'incestueur ne l'empêche pas de continuer ses relations sexuelles avec sa femelle adulte...
 
Pour la mère : l'incestuat comme un dû réparateur
suite à une menace extrême

Pour la mère, le bébé qui a poussé dans son propre sein, qui l'a amenée, dans bien des cas d'accouchement, aux frontières de la mort, qui a besoin pour sa survie du téton gorgé et de la caresse et de la chaleur sur tout son corps, est le sens même de sa fonction essentielle. Le bébé n'a pas de zone propre. Il n'en requiert pas au départ et n'en aura que dans un plus tard qui peut-être remis à demain. Le sexe du bébé et celui de la mère ont été, sont en constante relation pour une amplitude et une intensité de motifs fonctionnels et affectifs. Les douleurs « paradoxalement im-pardonnables/pardonnées » de l'accouchement presque mortel qui ont défoncé le sexe maternel d'une part, les nécessités naturelles du nourrisson qui mettent en vedette, sans façon, tous les organes qu'usera la sexualité adulte d'autre part, font la paire. La créatrice « survivante » et sa créature « sans égard » sont essentiellement ensemble, unis dans un paradoxe d'ambiguïtés. Le bébé peut être incestué, phagocyté jusqu'à la moelle en criant de bonheur, peut penser la mère! Qu'il s'agisse d'un bébé, garçon ou fille, l'incestuat ici semble des plus naturels par proximité des sexes des sujets et comme un dû au paradoxe maternel, lequel s'est construit en donnant la vie tout en frôlant la mort.
L'incestuat, ici, est une réponse d'évidence : pas d'asservissement comme dans la copulation avec le mâle, la femelle étant l'initiatrice aux mystères; pas de menace d'une dénonciation chez l'enfant, car la maîtrise du champ public est complète; pas de suite, car l'enfant est impubère; pas de résistance, car dans cette chair malléable, l'incestueuse peut induire une redemande ou son apparence. La femme-dieu peut ainsi exercer sa toute-puissance infantile et s’« autorémunérer» de ses sacrifices obligés.


L'homme, la femme, apparemment dans une moindre mesure selon les données que l'on a, s'y sont essayés à l'incestuat, s'y essaient encore abondamment malgré la répression du tabou et des lois. Par cette voie, certains sont devenus autrefois et deviennent encore aujourd'hui, des dieux qui satisfont leur toute-puissance infantile. Oui, à leurs yeux!


Faut-il en rajouter ?
Oui, encore.


Les mères comme accélératrices
du feu incestueux des mâles
Il en a coulé du sperme avant que les hommes comprennent que cela était une contribution essentielle à la procréation. Un sine qua non. Et avant qu'ils ne le comprennent, s'est installée presque à demeure dans leur psyché, une envie exacerbée à l'égard de ce pouvoir 'éhonté, non mérité, injustifié, diabolique ' qu'ont les femmes de porter, d'accoucher d'enfants et de les materner.


L'impression qu'ils n'y sont pour rien alors que ces imbus de toute-puissance veulent être auteurs de tout, leur crée un paradoxe insupportable. Et par cette impression envahissante, le machisme fait son entrée en scène et déploie tous ses 'produits dérivés' : harem; prostitution; droit de meurtre; droit de cuissage; virginité obligée et mise à prix; invention de la sainte vierge avant la copulation, pendant la copulation, après l'accouchement avec, en prime, transportation de l'hymen au paradis; chasse aux sorcières et leur mise au bûcher autorisées par le pape catholique et exécutées par les consacrés Dominicains et autres; voilures ou grilles obligées de tous genres au visage, aux seins et au sexe, par la majorité des religions. Et elles ne votent que depuis hier et pas partout, surtout là où elles sont encore massivement excisées sur cette planète. Faut ajouter ici plusieurs etc., etc., etc. qui me dépassent et constituent des 'dommages collatéraux' indicibles. Le mâle est profondément envieux de la femelle créatrice d'enfants et ne croit en rien à son apparente soumission même s'il l'y oblige par force et tradition.
L'homme-dieu ne veut pas partager sa position unique de toute-puissance avec la femme alors qu'il est déjà forcé de la partager avec son dieu et ses voisins de tous ordres.


Il a devant lui une femme qu'il a engrossée et qui, le sexe bousillé, le cœur et le corps absorbés complètement par bébé qui la bouffe, l'évince de sa couche. Les soins maternels qui doivent lui être attribués le sont pour un autre. Bébé, fille ou garçon, est un consommateur rival qui fait la pluie et le beau temps en tout temps et à toute heure avec sa propre femelle qu'il a rendue méconnaissable. Lui abandonnera-t-il la prise ou trouvera-t-il le moyen d'affirmer sa primauté? Et l'incestuat ne lui apparaîtra-t-il pas comme le moyen magique de réaffirmer sa toute-puissance infantile, générale et sexuelle?


On comprendra facilement que le feu de l'incestueur peut être alimenté par la mère qui a le pouvoir de créer des enfants, est autorisée à la fusion avec eux, peut se laisser manger intimement par bébé, se soumet aux prérogatives de bébé aux dépens de lui et qu'il ne retrouve son équilibre de toute-puissance que par l'incestuat perpétré en temps et lieu.


CONCLUSION
Je suis d'avis que le désir d'incestuat est commun dans l'humanité et que la loi du silence qui l'entoure vise à protéger ce désir indicible.


Comme éducateur, je crois que ce désir ne doit pas être réprimé.
Réprimé, il rebondit par du déni, de l'ostracisme et, éventuellement, par la poursuite incessante de sa mise en œuvre cachée. Je crois que ce désir doit être reconnu et qu'on doit en partager publiquement le fait d'existence. Le silence doit être brisé.


L'oeuvre d'éducation accompagne ce passage par lequel chacun et chacune peut reconnaître cette animalité désirante, cette toute-puissance infantile qui l'habite et accepter consciemment d'en faire le deuil.


Pourquoi le deuil de l'incestuat? Car l'incestuat détruit la chair de sa chair dans les profondeurs de son identité. Son enfant sera détruit si on lui fait subir cette confusion. Et l'humanité ira à vau-l'eau. C'est œuvre d'autodestruction.


Pourquoi le deuil de la toute-puissance infantile? Car pouvoir et asservissement d'autrui et de ce qui est autre que soi, nous privent de cet autrui et de tout ce qui est autre. À long terme, on s'appauvrit par l'asservissement qu'il soit guerre, incestuat, prédation sans limites sur le monde animal, sur le monde végétal, sur le monde minéral, etc.. La Vie ne croît que libre et respectée. Et, privé d'autrui et de ce qui est autre, on est privé d'une part de soi. À la limite, on est seul et seul est un cul-de-sac où il n'y a pas d'atours utiles et pas d'amour possible.


Éduquer, c'est amener à la connaissance de soi, à la connaissance d'autrui, à la connaissance de tout ce qui est. Et la conscience peut, par cette connaissance, saisir que son Soi est infiniment digne, comme le Soi d'autrui et au même titre; les deux de même nature. Dès lors, pouvoir, asservissement sans humanité sur autre que soi sont des torts qu'on fait à soi-même puisqu'on est tout cela, la Vie.
Et que, enfin, c'est la seule façon efficace de devenir Dieu : celle d'être tout cela.


Post-Scriptum
Je sais que l'environnement social ne promeut que le succès, la force, la puissance et que l'individualisme ambiant avec sa profusion de consommation permet à un grand nombre l'illusion d'être investi de pouvoirs. Mon propos est à contre-courant.


Je vois que la libération sexuelle déclenchée par les descendants de Freud, dont Wilhelm Reich, au premier titre, a donné des résultats heureux, mais a aussi favorisé la montée en force de la pédophilie manifeste toute reliée à l'incestuat, lui, moins manifeste. Pédophilie, jeunisme, anorexie/boulimie, épilation totale pour imiter l'impubère sont les signes de cette tendance naturelle de consommer de l'enfant, faussement attribuée et enviée aux dieux. Je crains que dans ce contexte, l'incestuat soit en développement et non en régression. Mon propos est à contre-courant.


Je vois aussi que la tendance parentale d'offrir les enfants en spectacle en les décorant en poupées sexuées dès qu'ils savent marcher, en joueurs de hockey des plus brutes dès qu'ils peuvent patiner, en en faisant des ninjas tout-puissants dès trois ans, contribuent aussi à en faire des proies. Mon propos est à contre-courant. Comme Saint-Exupéry dans le Petit Prince, je crois qu'il faut protéger sa rose par un paravent si on lui souhaite de grandir.
Post-scriptum après le post-scriptum
Je cherche tout d'abord à ce que la compréhension de l'incestuat et de la pulsion qui l'habite s'améliore. La mienne, celle de mes semblables.
Je crois que la répression de l'incestuat par des lois constitue une étape significative, mais non définitive.
Je voudrais que la compréhension de l'incestuat supprime éventuellement sa répression. Et que tous les humains soient de la partie.


Voici l'engagement que chacune et chacun pourrait prendre.



POUR QUE CESSE L'INCESTUAT
DANS L'HUMANITÉ


APPEL À TOUTE PERSONNE
DE BONNE VOLONTÉ



C'est une pétition positive où les signataires s'engagent, en connaissance de cause, à ne jamais commettre l'incestuat, à protéger tout enfant et à parler du sujet de l'incestuat pour qu'il cesse d'être tabou.



ENGAGEMENT À FAIRE CESSER L'INCESTUAT
À titre de signataire,
je reconnais que l'incestuat constitue le crime le plus destructeur que l'on puisse commettre sur la personne d'un enfant. Il s'agit d'un geste qui stoppe la croissance d'un enfant et qui aura des conséquences néfastes sur sa vie entière : troubles de l'identité, dépression, auto-destruction, toxicomanie, pulsion suicidaire, etc..



je comprends que le désir d'incestuat n'est jamais le lot d'un enfant, mais le fait d'adultes;



je comprends que le désir d'incestuat peut habiter les fantasmes sexuels d'un adulte. Les expressions populaires de désir devant un enfant ou un éventuel partenaire sexuel tel que: « je vais te manger», montrent que ce désir habite l'adulte;



je comprends que l'adulte qui commet un acte incestueux n'a pas fait le deuil de ce désir infantile d'assouvir ses fantasmes sur un enfant. Celui ou celle qui en a fait le deuil, au pire, dira peut-être « je te mangerais», mais jamais ne passera à l'acte ou ne s'en approchera. Car il-elle est conscient de la destruction de l'enfant et de l'adulte en promesse qui serait la conséquence de tout geste incestueux.



Ω  Pour ma part, à titre de signataire de cette pétition, je choisis de faire le deuil de cette « toute-puissance infantile» qui me conduirait à asservir un enfant, le mien comme tout autre;




je fais le deuil de tout désir qui pourrait m'habiter d'incestuer un enfant;



je m'engage à faire tout ce qui m'est possible pour protéger tout enfant de tout geste incestueux et je chercherai à assurer à chacun sa croissance, que cet enfant soit mon descendant ou qu'il appartienne à l'espèce humaine dont je suis;



à l'avenir, j'accepterai aussi de parler de ce sujet pour qu'il cesse d'être tabou et que l'incestuat disparaisse.





Et j'ai signé,
le_______________à________________________



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POUR UNE NOUVELLE GARDE-ROBE D'ÉTÉ

à L'ESPACE CERCLE CARRÉ- 36 rue Queen, Montréal

Vernissage, le jeudi 26 avril à compter de 18.30h.

du mercredi le 25 jusqu'au dimanche le 28
(merc. de 12h à 18 h; jeu. de 12 h à 21.30; vend. de 12 à 18 h; sam. et dim. de 12 à 17 h.)

une série de 8 t-shirt  "L'INCESTE- PARLONS-EN!"
VOUS POUVEZ LES COPIER EN INDIQUANT VOTRE SOURCE SVP.

vendredi 9 décembre 2011

MARJORIE EST DÉCÉDÉE. PAR SUICIDE.

Marjorie est décédée. Par suicide. Par manque d'espace pour vivre, l'intimidation dans l'école lui ayant enlevé son droit de « cité ».

L'école est en troisième place des milieux les plus violents de la société. Il y a la prison, la mafia puis vient l'école. Et l'école ressemble aux deux premières à bien des égards.

Dans la prison, il y a une loi, celle des autorités pénitentiaires qui est explicite, puis une seconde, à ras de confrérie, qui rassemble sous son égide tous les prisonniers. La seconde loi, celle des gardés, s'oppose à la première par principe, par état de situation et réussit assez souvent à gagner du prestige aux dépens de la première. Les gardiens de prison sont pris entre deux feux et leur survie leur vient de leur capacité de négocier avec deux visages, l'un pour l'administration, l'autre pour les leaders des prisonniers. Ils y réussissent, mais pas toujours. Ils sont la viande dans la sandwich.

Ainsi dans l'école. Il y a une loi, celle imposée par un certain nombre d'adultes et il y a celle des élèves, les gardés. La seconde, au fur et à mesure de la montée des hormones dans ces petiots grandissants, gagne en effervescence sur la première et s'établit dans le lieu dit. Tous les arguments sont utilisés par les élèves : résistance passive, bousculade, gossage quotidien, mots qui tuent l'enseignant ou le directeur, appel à la protection des parents, mépris public de l'adulte en autorité, mouvement collectif, agression des pairs, dérive menaçante par Facebook, taxage des confrères ou consoeurs sans armure, tentative de mise à feu d'une fille pour une histoire de pizza avant hier, etc. Une jungle non-civile dont les gardiens se disent assez souvent éberlués. Une jungle où les caids définissent souvent la loi.

Dans la mafia, voici une communauté qui a ses propres lois dont la suprême, «l' omerta », enveloppe toutes les autres et qui soude les membres du troupeau beaucoup mieux que le sang ne le ferait en y mêlant l'honneur et la crainte de la mort. C'est un groupe étanche dont on devient membre par des rituels de patte blanche pour les parrains tout-puissants et, sous commande explicite, de patte noire à l'égard des autres de la « cité » ou de troupeaux adverses. La caractéristique qui nous intéresse ici est celle qui fait que ces lois des mafias et les sanctions de justice qui y règnent appartiennent en propre à ces communautés. Autorité législative et pouvoir judiciaire sont amalgamés et sans rapport avec ceux de la « cité », l'initiation visant précisément le rejet de cette « cité ». Un vase clos.

Ainsi va l'école à certains égards. Les lois et le système de justice sont propres à l'école, amalgamés dans les mains d'une autorité, celle du corps enseignant et du dirigeant-e - et n'ont pratiquement pas de rapports avec ceux de la « cité ». Un vase clos.

Dans un autrefois qui trahit mon âge, les lois de l'école étaient établies en liens avec ceux de la société de privilèges et de droit dans laquelle j'étais destiné à vivre ma vie adulte. Certes, l'autorité était concentrée, super concentrée pourrions-nous dire puisqu'elle régnait en tous lieux de la « cité » et que la solidarité parents-école était sans faille, sans fausse note, unanime et ferme. L'enseignante régnait, la directrice était supérieure. Pas de mépris apparent, pas de tutoiement! Une unanimité régnait sur les enfants de l'école qui y grandissait aussi avec des hormones semblables probablement à celles d'aujourd'hui. Soumis.

Et cela n'a pas duré. Le bébé a été lessivé avec l'eau du bain. Et les fibres du tissu social se sont disjointes, détissés.

Aujourd'hui, je veux dire aussi hier soir, dans mon journal et à la tévé radio-canadienne, les politichiens comme ceux du PQ parlent d'enlever aux jeunes utilisateurs abusifs l'usage de leur compte Facebook; les psycho-éducateurs qui vivent au ras des pâquerets et pâquerettes parlent de leur ébahissement devant tant de violence physique, verbale, psychologique, relationnelle; les psy parlent des victimes à vie et des agresseurs comme des victimes aussi; les chercheurs parlent des hormones naturelles et des débordements à éduquer; les humoristes, gênés quelque peu de leur émotions, écrivent que les agresseurs sont des''losers''; les administrateurs questionnés parlent d'examiner soigneusement la situation et promettent de prendre des mesures appropriées; la ministre a des « semble que » à la bouche et se désole que les millions consacrés n'aient pas éradiqué les mauvaises herbes. Les citoyens, devant le fait de Marjorie et tant de paroles lancées à tout vent, sont interloqués mais pas encore assez retissés pour se mobiliser.

Pour ma part, j'étais estomaqué de n'entendre aucune référence au mot crime ou au mot droit chez tous ces 'jaseux'. Et on n'avait invité aucun juriste ou représentant de cette sorte aux groupe des commentateurs.

Une position simple, qu'on traitera de droite si l'on veut, est la mienne.

Je crois que la société de droit doit prévaloir en tous lieux de ma « cité ». Lorsqu'un crime est un crime dans ma société de droit, c'est aussi un crime dans la mafia, dans la prison ou dans l'école. Et dans ma société de droit, menacer l'intégrité physique ou la violer, menacer l'intégrité psychique personnelle ou la violer, menacer la réputation personnelle ou la violer constituent les crimes les plus graves et sont appelés tels : des crimes, des crimes contre les personnes. Et, dans l'intelligence traditionnelle de ma « cité », ces menaces doivent être réprimées sans quoi la vie en société n'est pas possible. C'est assez simple et, par toutatis, merci!

Dans la famille et de toutes façons dans « mon école » si cela n'est pas dans la famille, les enfants sont éduqués en fonction de cette société de droit dans laquelle ils vivront leur vie adulte. « Dans mon école », on accorde la priorité, avant tout autre apprentissage ou élément de programme. à apprendre à vivre sereinement avec soi-même et avec les autres. On appelle, éventuellement, crime ce qui est un crime dans la société de droit. Certes, on explicite les motifs qui ont amené une société évoluée comme la nôtre (!) à nommer crimes les gestes qui nous empêcheraient de vivre ensemble en paix. Par l'éducation, les enfants sont amenés à intégrer les valeurs fondamentales de ma « cité ». Et si les critères de jugement du ministère de l'éducation ou de quelques politiciens sur la ''performance'' de « mon école » oublient cette dimension, je deviens résistant à tous crins quitte à être seul dans mon « village gaulois »!

Pour être plus explicite, le système législatif et judiciaire de la société de droit sont introduits assez tôt dans « mon école ». Dès la maternelle ou la pré-maternelle, les conflits interpersonnels sont toujours objets de partage en groupe et entre les individus en cause. Les liens rompus par les agressions sont traités en vue d'une réparation et du rétablissement de la confiance et du respect mutuel entre les membres et l'ensemble du groupe. Peu à peu, les enfants selon le développement de leurs hormones et autres facultés, sont appelés à reconstruire la société démocratique de droit et participent à l'élaboration des règles de vie commune qui s'en inspirent et à un système de justice qui fait une large place à la réparation des liens malmenés ou rompus entre un offenseur, sa victime et la communauté. Une véritable démocratie, fondée sur une société de droit s'installe peu à peu dans la vie des enfants grandissants et, en secondaire 5, elles et ils sont devenus pratiquement des adultes aptes à fonctionner dans la « cité ». L'autorité sur ces sujets, on le voit, est graduellement transmise et d'enfants qu'ils étaient, ces êtres assument de plus en plus leur fonction de « citoyennes-citoyens ». Autorité intégrée se nomme autonomie ici et j'appelle cela liberté. Dans « mon école », être pleinement citoyenne-citoyen est plus important qu'être consommateur averti ou travailleur compétent ou …

Vivement que la société de droit entre dans l'école!

Ceci dit pour contribuer au développement des enfants de ma race!
 ce 2 décembre 2011

L'INTIMIDATION EN MILIEU SCOLAIRE- RÉACTION À LA POSITION DE LA SOCIÉTÉ DE CRIMINOLOGIE

Je suis ahuri par cet article de la Société de criminologie du Québec qui porte en titre : POUR ÉVITER DE TRANSFORMER LES ÉLÈVES EN CIBLES.  La trousse BRISE LE SILENCE qu'elle a préparée et qui s'adresse aux victimes et aux témoins m'apparaît irrecevable. C'est comme si l'on demandait à un quadraplégique de marcher ou à un mafioso de parler. J'aime à imaginer que la criminologie comprend que l'intimidé est l'enfant réduit au silence et que sa parole est plutôt rarissime. Sans quoi, il ne serait pas « intimidé ». J'ajoute : on a vu dans le passé des publicités dans les journaux pour inciter les analphabètes à s'inscrire à des cours d'alphabétisation; on a vu aussi  dans le passé des publicités pour inciter les enfants victimes d'inceste ou d'abus sexuel à dénoncer leur agresseur. Dans ces deux cas, il est apparu évident que les victimes sont davantage marginalisées, voire culpabilisées par ces actions mal ciblées. Je place l'article actuel publié dans le devoir du 10 décembre et la trousse BRISE LE SILENCE de la Société de Criminologie du Québec dans le même lot. Ils transforment davantage les élèves fragiles en cibles malgré sont titre « pieux ».

Je suis aussi ahuri car en aucun endroit cet article n'évoque le mot crime pour parler d'intimidation. Si la criminologie ne le fait pas, qui le fera? Les enfants doivent apprendre absolument que dans la société adulte - celle démocratique et dite de droit dans laquelle ils vivent comme enfants et vivront comme adultes - la menace à l'intégrité physique ou psychologique est considérée comme le pire crime qui soit, un crime contre la personne. On doit faire comprendre aux enfants et adolescents qu'il n'y aurait pas de société sans que la sécurité des citoyens soit assurée. C'est une notion fondamentale. La Société de criminologie, si elle veut s'impliquer adéquatement  doit faire la  promotion d'une école qui s'inscrit  dans une société démocratique, une société de droit!

Je suis ahuri car c'est une intervention pour demander que soit ajouté des ressources professionnelles, comme des criminologues, dans les écoles et que, pratiquement, il n'y a aucune interpellation des adultes de l'école avant la dixième ligne de la fin de l'article. Ahurissant! Les premiers qui dans l'école doivent briser le silence, ce sont les adultes qui y sont. S'il y en a parmi eux qui n'ont pas vu que, dans l'école, la violence et l'intimidation a cours, ils doivent être considérés comme des complices aveugles. S'il y en a d'autres qui ont vu et ne sont pas intervenus pour assurer la sécurité des intimidés, ils doivent se considérer comme des complices de la violence et modifier drastiquement leurs attitudes. L'école est un lieu de violence brute, je veux dire que la violence est à son état naturel au départ, car les enfants ne sont pas encore complètement civilisés quand ils y viennent.  Ils y viennent justement pour apprendre la culture civilisée de notre société. L'école est le lieu où les enfants rencontrent des adultes et sont accompagnés par ceux-ci pour devenir eux-mêmes des adultes civilisés. Tout plan ou programme scolaire visant la diminution de l'intimidation et de la violence passe en premier lieu par les adultes qui y sont. Ils doivent porter le message de la société démocratique et de la société de droit.

Je suis ahuri car il n'y a aucun geste éducatif de proposer dans cet article qui se veut une suite quelque peu pompeuse de conseils pour l'école. Pour celles et ceux qui réfléchissent un peu plus loin en termes criminologique de « justice réparatrice » ou d'éducation tout simplement, je me permets de rappeler que l'éducation dans ce domaine de l'intimidation passe par la "réparation" des gestes de violence posées par les enfants ou adolescents.  L'offenseur doit être appelé à réparer le geste d'intimidation qu'il a posé tant auprès de sa victime qu'auprès de l'ensemble du groupe, particulièrement le groupe qui en a été témoin. Ici, on doit comprendre et faire comprendre aux enfants et aux adolescents qu'un geste de violence blesse la victime et toute la communauté, car les liens de confiance nécessaires pour vivre ensemble ont été rompus. Ces liens doivent être restaurés et cette voie de réparation est d'autant plus évidente qu'il s'agit d'une école, un  lieu fait pour l'apprentissage.  La proposition que fait la Société de criminologie d'inciter les témoins de violence à marginaliser l'agresseur pour l'empêcher de récidiver est d'une grande pauvreté. Comme je trouve d'une grande pauvreté celles et ceux qui souhaitent qu'on n'oublie pas de traiter les agresseurs. Pour ma part, je demande simplement et prioritairement qu'on fasse de l'éducation avant de passer à la thérapie. Et éducation veut dire ici « réparation » d'erreurs, comme si souvent d'ailleurs. Et, à bien y penser, la plupart du temps en éducation.

Enfin, la prévention du taxage et de l'intimidation proposée par l'article de la Société de criminologie est une proposition qui sème la confusion. On utilise ce terme  populaire de prévention, en médecine ou en gestion sociale, mais il est particulièrement inadéquat pour parler de la violence qui a cours dans l'école. L'école est un milieu naturellement violent conçu pour civiliser les enfants. Cela ne se prévient pas. Les errements qui se manifestent dans l'école sont des opportunités d'éducation. Les enseignants doivent assumer cette responsabilité éducative au premier chef. 

Je suis déçu de cet article de  la Société de criminologie et j'ai la conviction qu'il ne reflète pas l'opinion de la majorité des professionnels qu'elle regroupe.

le 9 décembre 2011

jeudi 3 novembre 2011

DEVOIR DU 3 NOV 2011- RAYMOND GRAVEL OU LE JUGEMENT PERTURBÉ

À l'age de 12 ans, Raymond Gravel reçoit une tentative de tripotage d'un religieux éducateur dont il retire la main de ses culottes. En réponse, ce dernier feint alors de l'étouffer avec le cordon qui retient sa soutane. Raymond Gravel affirme aujourd'hui : « je n'ai pas été traumatisé pour autant ».

Il y a des questions simples qui surgissent à l'esprit de celles et ceux qui ont quelque expérience valable dans ce domaine de l'inceste et de l'abus sexuel sur les enfants. Des questions simples, oui!

Pourquoi Raymond Gravel a-t-il refusé le tripotage qui lui est alors proposé? Si sa réponse est qu'il ne trouvait pas cela acceptable psychologiquement ou moralement pourquoi alors ne s'en est-il pas plaint à l'autorité de son collège religieux ou à ses propres parents?

La conséquence de cet abandon de responsabilités de la part de Raymond Gravel au profit des abuseurs religieux de son époque est aujourd'hui manifeste. Celui qui nous avait habitué à de la compassion, inspiré sans doute par les Béatitudes et prêchant pour la défense des petits, des sans-voix, des opprimés par les préjugés sociaux - les homosexuels par exemple-, voilà qu'il défend le pouvoir établi, son église et cette « majorité de religieux qui ne sont pas concernés par la pédophilie, qui n'ont jamais été en autorité et qui se voient obligés de payer pour l'écart de conduite de certains des leurs ». Pour ma part, les seules personnes que je connais qui ne sont pas concernées par la pédophilie sont celles qui, comme Raymond Gravel, ont été incapables de la dénoncer alors qu'elle se présentait sous leur nez ou dans leur culotte ou encore qui ne savent pas la reconnaître dans leurs pulsions.

L'incohérence de Raymond Gravel est évidente dans plus d'un aspect de sa diatribe que publie le Devoir du 3 novembre 2011. À titre d'exemples : il prétend ne pas banaliser l'histoire des victimes, mais il banalise la sienne; il prétend que les bons religieux non-concernés n'ont pas à payer pour l'écart des autres, mais il veut que toute la société paye pour toutes les vraies victimes; il prétend qu'il est inacceptable et abusif de juger du passé avec le regard qu'on porte aujourd'hui, même s'il est épouvantable, à son jugement, que des religieux ou des laïcs aient commis des agressions sexuelles sur des jeunes qui leur étaient confiés. Bref, le jugement de l'homme est joliment perturbé et son sens de l'évangile profondément atteint. Cela arrive fréquemment lorsque l'on se retrouve dans une situation paradoxale. Le mental se débat alors comme un diable dans l'eau bénite. C'est le cas de ce prêtre en lutte avec ses démons.

Ce que Raymond Gravel ne comprend pas, c'est la nature même de l'abus sexuel sur un enfant. En effet, l'abus sexuel d'un enfant n'est pas qu'un geste criminel de la part d'un individu sur un autre, contrairement à la majorité des délits criminels. Comprenez ceci. Il s'agit plutôt d'un geste de toute une société sur un seul individu; car l'agresseur ici porte le pouvoir de toute la société devant l'enfant qui est totalement vulnérable. J'en tiens pour preuve de mon affirmation qu'il prend parfois 10, 20, 30, 50 ans à une « vraie » victime pour enfin parler des faits et des conséquences incommensurables sur elle. Elle aura du traverser l'ignoble déni social, compact et complice, qui entoure la commission de tels actes. Et le plus souvent lorsqu'elle parle, encore et encore aujourd'hui, le déni social sur sa situation se poursuivra. Il y en a plein et plein de ces rabroueurs et bien-pensants qui veulent empêcher les victimes de parler; leurs ancêtres n'étaient autres que les protecteurs des abuseurs d'hier!

La morale enseignée dans les cours de théologie de l'époque de Raymond Gravel ne faisait pas état de la nature sociale particulière de ce crime d'abus sexuel sur les enfants. La spiritualité de Jésus de Nazareth aurait pu pourtant mettre la puce à l'oreille de ces savants : « ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites »; et ce moi évoqué ici n'est rien d'autres que le plus sacré et la plus intime de chacune et de chacun d'entre nous.

M'est avis que seuls ceux qui reconnaissent en eux les pulsions pédophiles peuvent en faire le deuil du passage à l'acte. Les autres sont pédophiles ou doivent être considérés comme des complices aux pédophiles par le déni même qui les habite.

Un jour viendra...

jeudi 7 avril 2011

PÉTITION POUR QUE CESSE L'INCESTE DANS L'HUMANITÉ

APPEL À TOUTE PERSONNE DE BONNE VOLONTÉ.
C'est une pétition positive où les signataires s'engagent en connaissance de cause à ne jamais commettre l'inceste, à protéger tout enfant et à parler du sujet de l'inceste pour qu'il cesse d'être tabou.


PÉTITION POUR FAIRE CESSER L'INCESTE DANS L'HUMANITÉ

À titre de signataire,

je reconnais que l'inceste constitue le crime le plus destructeur que l'on puisse commettre sur la personne d'un enfant. Il s'agit d'un geste qui stoppe la croissance d'un enfant et qui aura des conséquences néfastes sur sa vie entière :troubles de l'identité, dépression, auto-destruction, toxicomanie, pulsions suicidaires, etc..

je comprends que le désir d'inceste n'est jamais le lot d'un enfant, mais le fait d'adultes;

je comprends que le désir d'inceste peut habiter les fantasmes sexuels d'un adulte. Les expressions populaires de désir devant un enfant ou un éventuel partenaire sexuel telles que: « je vais te manger », montrent que ce désir habite l'adulte;

je comprends que l'adulte qui commet un acte incestueux n'a pas fait le deuil de ce désir infantile d'assouvir ses fantasmes sur un enfant. Celui ou celle qui en a fait le deuil, au pire, dira peut-être « je te mangerais », mais jamais ne passera à l'acte ou ne s'en approchera. Car il-elle est conscient de la destruction de l'enfant et de l'adulte en promesse qui serait conséquente à tout geste incestueux.

Pour ma part, à titre de signataire de cette pétition, je choisis de faire le deuil de cette « toute puissance infantile » qui me conduirait à asservir un enfant, le mien comme tout autre;

je fais le deuil de tout désir qui pourrait m'habiter « d'incester » un enfant;

je m'engage à faire tout ce qui m'est possible pour protéger tout enfant de tout geste incestueux et je chercherai à assurer à chacun sa croissance, que cet enfant soit mon descendant ou appartenant à l'espèce humaine dont je suis;

à l'avenir, j'accepterai aussi de parler de ce sujet pour qu'il cesse d'être tabou et que l'inceste disparaisse.


Et j'ai signé, le_______________ :____________________________________________________

mercredi 30 mars 2011

VIOLENCE À L'ÉCOLE - UN CADRE DE RÉFÉRENCE

Si vous étiez menacé physiquement et insulté par votre troisième voisin que feriez-vous?  N'appelleriez-vous pas la police? Dans votre esprit, ne penseriez-vous pas que ce sont des gestes illégaux et que les lois de la société vous protègent? Vos enfants qui ne sont que des enfants ont-ils cette protection? Il semble que non! Pour eux pas de police pour les protéger dans leur école où ils passent 5-6 heures par jour. Je me demande si leur ange gardien leur suffit?

L'école est encore et  toujours un lieu où fleurit le taxage, l'intimidation, le chantage et diverses autres formes de violence, de tentative d'asservissement, d'ostracisme que ce soit pour fifage appréhendé, réussite trop grande, tête ou ventre trop gros ou nez croche.

L'école n'a pas changée depuis l'époque où nous la fréquentions. La société par ses lois et son système de justice  n'y est pas présente et, conséquemment,  nos enfants n'apprennent pas à y vivre; ils doivent survivre en milieu violent. Je crois ceci. Après la prison, l'école demeure l'institution la plus violente de la société. Et, ce qui n'est pas dit, c'est qu'elle est hors la loi. Je veux dire que les lois de la société n'y prévalent pas, et cette société de droit n'y est pas promue. Et personne ne réfléchit à cette question. Je dois détonner, d'ailleurs, en m'exprimant de la sorte!
J'oubliais que la direction d'école est présente et les enseignants. Oh! Et qu'ils font la loi et qu'ils font la police, et qu'ils font justice. Cela ressemble étrangement à la mafia qui fait sa loi, l'applique et sévit en conséquence de ses propres décisions. Ni l'un ni l'autre ne réfère aux lois de la cité, de ma cité, ils ont leur propre loi et leur propre système de justice. Ils sont hors la loi, disais-je!

Je ne connais pas de règles d'école qui se définit explicitement en fonction des lois de la société. Prenez par exemple ce que l'on apprend cette semaine au Québec: il semble que souvent les directions d'école tentent de replacer les victimes de violence dans d'autres écoles parce que toucher aux abuseurs créerait tout un remous dans la population étudiante qui gravite autour de ses caïds; lorsqu'elles ont davantage de courage, on déplacera parfois les abuseurs vers d'autres lieux et on tentera de protéger les victimes; la plupart du temps, semble-t-il on tentera de contrôler les apparences et on sera 'tolérant' dans une bonne mesure; les plus à la mode prétendent à « tolérance zéro » comme le veut le slogan inventé il y a plus d'une vingtaine d'années me racontent mes souvenirs.  Chacun fait justice à sa façon selon les règles qu'il établit et ses humeurs particulières.


Il est vrai que les enfants sont des personnes depuis fort peu et que la société de droit ne leur semble pas accessible puisqu'ils auraient mieux: les règles de l'école, la surveillance de l'école, la justice de l'école, les punitions de l'école. Manifestement ce mieux est aléatoire et équivoque. Qui d'entre vous accepterait de vivre dans une société où ce sont les mêmes qui font les lois, les appliquent, rendent justice, décident des sanctions et entendent les recours. Cela s'appelle une dictature en termes habituels!!!Et, les dictatures entraînent l'asservissement d'une part et la violence d'autre part. Dans une démocratie, le système législatif est distinct du système policier et du système judiciaire. Quand donc l'école montre-t-elle à nos enfants ce fondement démocratique essentiel? Convenons qu'il y a un énorme paradoxe: les enfants sortent de l'école et entrent dans la société sans jamais avoir connu la société de droit. QUAND DONC DEVIENNENT-ILS DES CITOYENS?

Je serai odieux ici en disant que les profs ou membres de directions qui tolèrent la violence et l'intimidation devraient être poursuivis pour complicité avec des criminels et qui, ce qui est aggravant, des criminels à l'endroit d'enfants. Car n'est-il pas davantage connu que la loi de la Protection de la Jeunesse fait obligation à tous de déclarer la violence faite à un enfant! Si je ne suis pas odieux, la situation est tout de même paradoxale.


Vivement que la société de droit fasse son entrée à l'école et que l'école se donne comme mission de former des citoyennes et des citoyens.
L'école a besoin d'un cadre de référence pour son travail d'éducation et ce cadre c'est la société démocratique de droit. Rien de très compliqué lorsqu'on considère les enfants comme des personnes et d'éventuels concitoyens et qu'on se sent soi-même citoyen.
Et alors, parce que je suis un éducateur et que je crois qu'il est du devoir de l'école de faire progresser cette société de droit, je milite pour que dans l'école s'institue une justice qui ne se confine pas à la punition comme celle non-aboutie qui prévaut dans la société actuelle. Je milite pour une justice qui intègre réconciliation et réparation. C'est cette justice qui est éducative des agresseurs et des agressés, c'est cette justice qui, en ne répandant pas l'exclusion des uns et des autres, favorise des rapports de respect.

Et je demande aux intervenants dans l'école de quitter leur ghetto et de se conduire en citoyens de la même cité que la mienne : des citoyens de la société de droit. Je me sentirai alors davantage fier de cette école et croirai que les enfants de ma cité ont la sécurité nécessaire pour grandir et croître.

Jean